Test de la liseuse Pocketbook 602

 

Prix 209 €

Site du constructeur : http://www.pocketbook.fr/

Boutique en ligne : http://boutique.pocketbook.fr/ (en vente également chez Surcouf et Pixmania)

==> 25/12/2010  en promotion 199 € chez Pixmania

 

Ne comptez pas trouver des photos ou vidéos dans ce test. Outre que je suis très mauvais dans ce domaine, un excellent test a déjà été fait par le site Aldus2006 – http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2010/11/pocketbook-602-test-complet.html – avec toutes les photos et vidéos nécessaires pour se rendre compte. D’ailleurs, je suis entièrement d’accord avec la conclusion d’Aldus : Un seul mot, bravo PocketBook! Un très bon lecteur qui va bien vieillir dans le temps…, et je m’attacherai donc surtout à entrer dans des détails qui n’ont pas forcément été abordés et à relater mon expérience personnelle.

La Pocketbook 602 fait partie des 3 meilleures liseuses 6 pouces disponibles en cette fin 2010 sur le marché. Les deux autres sont :

·       Le Kindle 3, au rapport qualité prix imbattable, mais « enfermé » dans la galaxie Amazon, incapable de lire le format epub devenu un standard (ce qui suppose de nombreuses opérations de conversion du format epub vers le format Mobipocket) et disponible uniquement aux USA, avec les aléas d’une commande aux USA (douane, etc).

·       La Sony PRS650, unanimement saluée par les utilisateurs et les divers tests.

C’est donc à cette dernière liseuse, que je connais bien, que j’ai systématiquement comparé la PB602, et cette dernière se sort très bien de cette comparaison… (rappelons que la Sony PRS650 coûte 249 €).

Déballage

La PB602 est livrée avec une housse de bonne qualité et un câble micro USB (pour éviter d’être obligé de le brancher sur l’ordinateur, vous pouvez acheter pour quelques euros une prise/chargeur USB que vous branchez sur le secteur et reliez au câble micro USB). La Sony PRS650 est livrée elle sans housse, ce qui porte l’écart de prix réel à presque 60 euros…

Par contre, je vous conseille d’acheter une micro SDcard, car elle vous sera nécessaire pour la mise à jour du firmware ou pour stocker des ebooks/mp3/photos (cela dit, pour le stockage, il y a quand même 0,9 Go de libre dans la mémoire interne, de quoi mettre pas mal de livres…)

Rectification : D’après un message reçu, la micro SDCard ne serait pas nécessaire pour la mise à jour du firmware. Il suffirait de copier le fichier de mise à jour à la racine de la mémoire interne de la PB302.

Mise à jour du firmware

Je vous conseille vivement de la faire dès le début. Il vous suffit d’aller sur cette page – http://www.pocketbook.fr/support/pocketbook-602/ – de télécharger le firmware et le manuel en français expliquant comment faire cette mise à jour, manœuvre au demeurant très simple.

Remplir sa PB602 : bibliothèque Calibre

Lorsque vous reliez votre PB602 à votre ordinateur, il se comporte comme une clé USB : vous pouvez donc copier ou détruire les fichiers, les éditer, etc

La PB602 est livrée avec 1000 livres dont 200 en français, que je n’estime pas d’un intérêt majeur au regard de l’offre de notre site ou d’autres sites partenaires. Je les ai donc sauvegardés sur mon ordinateur pour faire de la place. Vous pouvez tout à fait copier vos ebooks et les organiser selon votre bon plaisir. Mais, personnellement, je préfère utiliser le logiciel Calibre qui gère merveilleusement et avec une grande facilité la PB602, y compris au niveau des metadatas, puisque les étiquettes définies dans Calibre sont reportées sur la PB602.

L’écran

Ce qui est le plus important pour une liseuse, c’est la qualité de l’écran, certains fabricants l’oublient… Bien que l’écran de la PB602 soit l’avant-dernière génération d’écran Vizplex, la dernière étant représentée par les écrans Pearl du Kindle 3 ou du Sony PRS650, il est d’excellente qualité, bien contrasté, impeccable. Si on met cet écran à côté de celui de la Sony PRS650, il y a peut-être un poil de contraste en moins, mais à l’usage, cet écran est vraiment bon. De plus, comme nous le verrons, il est possible de choisir sa police de caractères avec FBReader, ce qui renforce la qualité objective de l’écran.

En fait la grande différence entre la PB602 et la Sony PRS650, c’est que la première n’est pas tactile, à la différence de la seconde. Cela dit, la PB602 dispose de 6 boutons et d’un pavé directionnel qui permettent de faire toutes les opérations assez facilement d’autant plus qu’il est possible de reconfigurer tous les boutons dans les paramètres de configuration. Signalons que la PB603 vient de sortir, identique à la 602, mais avec une couche tactile utilisable avec les stylets spéciaux Wacom.

Lecture

L’écran d’accueil propose un accès direct aux 3 derniers livres lus et à la bibliothèque. Cette dernière comporte 3 onglets :

·       L’onglet Files (fichiers) qui permet de se déplacer parmi les dossiers physiques de la liseuse, tels qu’ils résultent de votre propre organisation ou de l’organisation faite par Calibre (un sous-dossier par auteur)

·       L’onglet Bookland qui vous amène sur la librairie en ligne de Pocketbook : je ne l’ai pas expérimentée car je préfère, pour ma part, acheter mes ebooks avec l’ordinateur et faire sauter les DRM pour avoir la pleine propriété d’ebooks qui sont déjà payés beaucoup trop chers…

·       L’onglet Bibliothèque qui permet un accès par genres (définis notamment par les étiquettes de Calibre), ainsi qu’un accès  rapide aux ebooks désignés comme favoris (voir menu qui s’ouvre lors d’un appui long de la touche OK sur un livre).

Je trouve cette bibliothèque simple et meilleure que celle des Sony.

Ce même appui long sur la touche OK permet de choisir le logiciel de lecture que vous allez utiliser pour un ebook au format epub : Adobe viewer ou FBReader, car, à la différence des Sony qui ne proposent que la solution Adobe, vous avez le choix entre 2 logiciels de lecture fort différents que nous allons étudier.

Je précise auparavant qu’un appui court sur la touche OK pendant la lecture ouvre un menu donnant accès à toutes les fonctions utilisables pendant la lecture (zoom, notes, dictionnaires, voix, sommaire, etc)

Adobe viewer

C’est ce logiciel qui est automatiquement utilisé pour les fichiers PDF. Lorsque le PDF est prévu pour une liseuse, comme c’est le cas avec les PDF de Feedbooks ou ceux de la Bibliothèque électronique du Québec, le résultat est excellent, très agréable ; mais il est évidemment impossible de changer la taille des caractères (il n’y a qu’un seul niveau de zoom possible pour que la page tienne entièrement sur l’écran en largeur, sauf à faire pivoter en mode paysage) ce qui m’oblige à mettre des lunettes, comme avec un livre de poche (je suis presbyte…).

Concernant l’epub, Adobe viewer prend le parti de respecter au mieux la mise en page prévue par la feuille CSS, et donc par l’éditeur. C’est personnellement l’option que je préfère quand l’ebook est bien fait, mais il est quand même dommage que la seule option disponible soit le zoom, la taille des caractères, avec de plus un écart assez grand entre les différentes tailles (c’est évidemment pareil pour les Sony), et qu’il soit notamment impossible de choisir sa police de caractères.

FBReader

Avec FBReader, vous pouvez tout paramétrer, mais pas contre, il ne respecte pas beaucoup la mise en page d’origine, et en particulier les alignements prévus dans le l’ebook pour les paragraphes (gauche, droite, centré), ce que je trouve très agaçant (la version de ce logiciel pour Android respecte au moins les alignements).

Lorsque vous faites un appui court sur la touche OK, le menu s’orne d’une option paramètres qui permet de choisir les éléments suivants :

·       Police : Vous pouvez ajouter autant de polices au format TrueType – extension TTF – que vous souhaitez, en les copiant simplement dans le dossier \system\fonts\. Pour les fichiers de polices avec extension TTC, il suffit de renommer l’extension en TTF (police Cambria par exemple).

·       Encodage

·       Espace des lignes

·       Marges de la page

·       Tirets (césure)

·       Saut de ligne

·       Update mode : hight speed ou good quality (j’utilise le premier, n’ayant pas compris l’intérêt du second)

Je n’utilise ce logiciel que lorsque l’epub est mal fait, mais d’autres l’utilisent en permanence : à vous de voir, au moins vous avez le choix… Et, de toute façon, ce choix donne un net avantage à la PB602 par rapport aux Sony.

Lorsque vous ouvrez, le choix par défaut est Adobe viewer. Mais, si vous choisissez FBReader pour ouvrir un livre, il s’ouvre ensuite avec FBReader.

La PB602 gère un grand nombre de formats : Docx, FB2, «FB2.ZIP», TXT, PDF (avec ou sans DRM Adobe), DJVU, RTF, HTML, PRC, CHM, EPUB (avec ou sans DRM Adobe), DOC, TCR. Je n’ai pas pu tester tous ces formats, mais je peux vous dire que les formats Mobipocket, DOC, DOCX et RTF sont gérés par le logiciel FBReader – une conversion préalable est effectuée automatiquement par la PB602 pour les trois derniers formats –, avec les avantages et inconvénients de ce logiciel déjà explicités.

Dictionnaires

La quantité de dictionnaires fournis avec le PB602 est impressionnante. Je vais me contenter de citer les couples de langues qui intègrent le français :

·       Fr-De et De-Fr :CompactVerlag

·       Fr-En et En-Fr :Lingvo KD

·       Fr-En et En-Fr : OxfordHachetteConcise

·       Nl-Fr : Lingvo KD

·       Pt-Fr : Lingvo KD

·       Fr-Ru et Ru-Fr : Lingvo Universal

Par ailleurs, vous trouverez les dictionnaires suivants sur le site Ebooks libres et gratuits (merci à Patrice pour son superbe travail) :

·       Dictionnaire Littré : http://www.ebooksgratuits.com/pocketbook/littre_pocketbook.dic

·       Dictionnaire de l'Académie française de 1932-35 (8e édition) : http://www.ebooksgratuits.com/pocketbook/daf8_1932_pocketbook.dic

·       Dictionnaire de l'Académie française de 1835 (6e édition) : http://www.ebooksgratuits.com/pocketbook/daf6_1835_pocketbook.dic

·       Dictionnaire de l'Académie française de 1798 (5e édition) : http://www.ebooksgratuits.com/pocketbook/daf5_1798_pocketbook.dic

Enfin, il existe un utilitaire de conversion – disponible sur le site Pocketbook (et également à cette adresse) – qui permet de convertir les dictionnaires au format XDXF, Dict et Lingvo DSL vers le format Pocketbook (dictionnaires avec un extension dic).

Bref, il est impossible de manquer de dictionnaires avec cette liseuse. Il suffit de copier tous les dictionnaires dans le dossier \system\dictionaries\ et ils seront disponibles. Sur ce point important, la PB602 est clairement très supérieure à la Sony PRS650.

Voyons comment ces dictionnaires fonctionnent. Il est possible de consulter les dictionnaires à partir de la page d’accueil de la liseuse ; cela suppose alors de saisir chaque mot cherché avec le clavier virtuel de la liseuse : c’est tout à fait possible, mais ce n’est clairement pas le moyen le plus simple. Par contre, les dictionnaires de la PB602 sont vraiment très agréables à consulter en mode lookup. Késako ? :

Lors de votre lecture, appui court sur OK, puis Dictionnaires (ou attribuez une touche à cette fonction) : il vous suffit de déplacer le curseur pour que le mot sous le curseur soit cherché automatiquement dans le dictionnaire. Nouvel appui sur la touche OK, et le curseur bascule dans la partie de la fenêtre occupée par le dictionnaire et en particulier sur le petit menu à droite qui permet de changer de dictionnaire, ou de changer de mode visuel pour le dictionnaire : bref, en « jouant » avec la touche OK et les touches de déplacements, vous pouvez utiliser les dictionnaires avec une facilité déconcertante.

Il est néanmoins dommage que les dictionnaires en mode lookup perdent leurs mises en forme (gras – italiques) et que les coupures de lignes soient un peu « bizarres »… S’agit-il d’un bug ? ou d’un défaut de conception ? En tout cas, ce problème n’apparaît pas lorsqu’on consulte un dictionnaire à partir de l’application accessible depuis la page d’accueil.

Notes

Il n’existe pas de vrai surlignage et le système de prise de notes est moins ergonomique que pour les Sony, du fait du caractère non tactile de l’interface. On accède aux notes pendant une lecture avec la touche OK (menu rapide) :

Adobe viewer

Une barre noire apparaît, que l’on fait descendre avec le curseur jusqu’à l’endroit voulu ; on clique ensuite sur OK, et on continue à descendre pour sélectionner le texte ; on clique sur OK pour déterminer la fin de la sélection. La sélection est copiée en tant qu’image. Pour les PDF, une barre dans la marge indique qu’une note existe à cet endroit, mais pas pour le format epub (probablement un bug). L’image extraite est accessible dans le sommaire sur livre (touche Sommaire), en même temps que les titres de chapitres et parties. Un appui sur la touche OK lorsqu’on est sur une note, la déplie et permet de la voir. Un appui sur la touche Sommaire ouvre un menu qui permet de renommer la note ou d’associer du texte à la note, avec le clavier virtuel.

FBReader

Le principe est le même, mais la sélection peut se faire par mots ou par lignes ; problème : du fait d’un bug, la sélection ne fonctionne pour les annotations que si on sélectionne au moins la fin d’une ligne. La copie vers la note peut se faire en mode texte ou en mode image, et une marque apparaît dans la marge pour indiquer qu’il y a une note. Lorsque la copie se fait en mode texte, le texte copié peut être modifié (toujours avec la touche Sommaire)

Les notes sont également accessibles pour tous les livres à partir de l’interface d’accueil de la PB602. Lorsque vous reliez la liseuse à l’ordinateur, toutes les notes sont accessibles sous forme de fichiers HTML dans le dossier \system\config\Active Contents\ (copier l’intégralité de ce dossier sur votre ordinateur, car les sous-dossiers contiennent les images des notes).

Au final, un système de notes tout à fait utilisable pour relever des erreurs/coquilles dans les livres, à la condition qu’il n’y ait pas besoin de saisir des notes trop longues…

Voix

Il y a une fonction Text-to-Speech, c’est-à-dire de lecture vocale des ebooks, qui deviennent alors des livres audio. Cette fonction reste pour moi assez limitée : outre que je ne suis pas fan des livres audio, cette fonction Text-to-Speech donne un rendu assez motonotone (comme sur les ordinateurs d’ailleurs). Cela dit cette fonction a le mérite d’exister et de fonctionner.

Nota : il faut choisir la voix et la langue dans la configuration de la liseuse… Pour installer d’autres voix (par exemple une voix masculine en français, la liseuse n’étant livrée qu’avec une voix féminine), voir ici :

http://www.mobileread.com/forums/showthread.php?t=112805

Musique – Photos

Vous pouvez écouter vos MP3, ce qui est pratique lorsqu’on balade sa liseuse partout et qu’on n’a pas de lecteur MP3 (cela dit, tous les téléphones ont une fonction lecteur MP3 de nos jours…).

Quant aux photos, l’intérêt m’apparaît fort limité avec un écran eInk.

Connectivité : Wifi et Bluetooth

Je n’ai testé que le Wifi. Il faut aller dans Configuration/Connectivité. Le manuel est parfaitement explicite pour le paramétrage, mais il y a un truc important à savoir : lorsque j’ai voulu connecter la PB602 à mon routeur sécurisé en WPA2, impossible d’enregistrer la paraphrase secrète : elle semble ne pas s’enregistrer dans le fichier de configuration. Voici comment contourner le problème, même si la solution n’est pas au top en matière de sécurité informatique… :

Relier la PB602 à l’ordinateur et éditer le fichier /system/config/network.cfg dont voici une partie du contenu :

enabled=1
name=Pocket602
preferred=@br_none
usbhost=1
usbmode=2
wifi.1.cacert=@cert_none
wifi.1.domain=
wifi.1.essid=Mon ESSID
wifi.1.hidden=0
wifi.1.idle=10
wifi.1.key=PHRASE_SECRETE_WPA2
wifi.1.name=Nomdemaconnexion
wifi.1.network.dns1=
wifi.1.network.dns2=
wifi.1.network.gateway=
wifi.1.network.ip=
wifi.1.network.ipconfig=0
wifi.1.network.mask=
wifi.1.password=
wifi.1.security=3
wifi.1.username=

Il suffit donc de mettre en clair la phrase secrète, et le Wifi fonctionnera sans problème.

Navigateur Web et autres applications

Plusieurs applications, accessibles à partir de la page d’accueil de la PB602, sont disponibles : des jeux (échecs, Sudoku, solitaire), une calculatrice, un lecteur de flux RSS et un navigateur internet.

Concernant le lecteur de news, je n’ai pas réussi à y intégrer le flux OPDS de notre site et son fonctionnement n’a rien d’évident : je conseille à Pocketbook de choisir une meilleure application et de mieux la tester avant de l’intégrer à la PB602.

Le fonctionnement du navigateur web est assez malin, car ce n’est guère évident avec une interface non tactile et un écran eInk. En fait le pavé directionnel émule la souris, et les boutons de changement de page permettent d’aller de liens en liens. De cette manière, la navigation est possible, même si nous sommes très loin de la navigation sur une tablette Android. Pour vous donner un exemple, j’ai mis dans les bookmarks l’adresse de la version HTML de mon catalogue OPDS perso (association Dropbox et calibre2opds) et j’ai pu sans problème télécharger les livres de ce catalogue. Par contre, il m’a été impossible de télécharger un livre sur notre site, le navigateur a planté à chaque fois.

Cela dit, je ne pense pas que la navigation Internet soit la chose la plus importante dans une liseuse. Il serait par contre très important que Pocketbook intègre dans un de ses prochains firmwares une fonction d’ajout et de lecture des catalogues OPDS : c’est le seul vrai manque de cette liseuse, et surtout la seule fonction vraiment intéressante pour exploiter le Wifi.

Conclusion

Comme je l’ai dit au début de ce test, la PB602 est une excellente liseuse, le meilleur rapport qualité-prix du moment pour les liseuses epub : je la conseille donc sans réserve, la seule vraie alternative étant la Sony PRS650, plus chère, sans le Wifi, mais tactile.

De plus son ouverture et la réactivité de Pocketbook en matière de firmware laissent augurer une bonne évolution dans le temps.